Tranquillement, ce rendez-vous s’est imposé. Il fête son premier anniversaire. Ne cherchez pas alentour, il n’y en a pas d’autres. Le marché bio nocturne hebdomadaire de Sarlat (à partir de 17 heures en été) est unique dans le département. Il faut même aller jusqu’à Caussade, Toulouse ou Poitiers pour en trouver d’autres. Sarlat, cité qui fait sa renommée touristique sur la bonne chère, est en passe de s’accoler en plus une image « bio » avec ce marché du jeudi qui souffle sa première bougie.
Les exposants et les organisateurs de la Ville sont maintenant bien fiers d’avoir pérennisé ce rendez-vous dans l’agenda local. L’idée avait germé petit à petit ces dernières années. Au départ, des producteurs locaux sont allés voir la mairie. Celle-ci a été réceptive et a laissé mûrir les idées. Puis la plate-forme de formation au maraîchage bio s’est montée à Campagnac. Le bio a pris de la place et en prendra de plus en plus dans les assiettes des petits écoliers sarladais.
Pratiques plus saines
« Au-delà du marché, cela crée une synergie et une dynamique, explique Franck Duval, chef de cabinet du maire de Sarlat. Cela nous a donné l’idée du pôle bio pour les journées du terroir. Des stagiaires de la plate-forme de Campagnac vendent leurs légumes sur ce marché. »
Dans ce contexte de retour à des pratiques de production plus saines, ce marché est apparu donc en juin dernier sur la place du XIV-Juillet (à côté de la poste). Au départ, la mairie voulait qu’il soit mis en place que pour la saison estivale. Mais quand l’hiver est venu, les exposants ont exprimé le souhait de continuer. La Ville a donné son accord pour un mois de plus, puis un autre, et un autre…
Au fil des éditions, la clientèle locale s’est fidélisée. Entre les étals, on entend la grande majorité des acheteurs du jeudi vanter les mérites de ce marché aux horaires pratiques, aux produits de qualité, aux vendeurs sympathiques, en marge de l’affluence du samedi matin, etc. On est loin du phénomène de mode bobo qui collait au bio il y a encore quelques années.
« La clientèle locale s’est faite en septembre. Les gens d’ici ont vraiment joué le jeu pour pérenniser ce marché très sympa que j’aime beaucoup », témoigne Marie-Thérèse, paysanne-boulangère de Molières qui fait également le marché de Bergerac. « Le but n’était pas d’attirer les touristes, explique le primeur Rachid de la Ferme de Manue à Saint-Chamassy. Tant mieux qu’ils viennent, mais le but était de sensibiliser les Sarladais et ça été le cas. »
Gérard Joulain, producteur de gâteaux à Marquay et président d’Agrobio Périgord, est dans le bio depuis 1991. Au début, on le traitait de fou. Il a vu le vent tourner depuis. « On touche de plus en plus de gens. Lors de la crise de la vache folle dans les années 1990, j’aurais pu multiplier ma production par dix. Au départ, malgré les contrôles, il y avait plein de gens méfiants vis-à-vis du bio. Aujourd’hui, ceux qui mettent encore en doute le bio, c’est qu’ils n’en consomment pas. »
Source : Franck Delage – Sud Ouest – www.sudouest.fr