Bio Provence, entreprise de cosmétiques bio à base de fruits et légumes frais, rebat les cartes du secteur par une série de choix stratégiques. Soutenue dans son projet par Total Développement Régional, Julie Ducret bouscule également les codes habituels du secteur.
Quand Julie Ducret décide de créer sa propre entreprise dans le secteur de la cosmétique bio, où elle a déjà effectué une partie de son parcours, c’est l’ensemble de la copie que la jeune femme décide de revoir ! Toute la chaîne de production de sa gamme baptisée "Pulpe de vie" va être influencée par l’analyse. D’abord, elle décide de mettre sur le marché un produit 100 % français. "C’est un engagement qui coûte cher, mais c’est un vrai label de qualité et une force à l’international", explique la jeune femme qui vise déjà un développement de l’export à l’horizon 2012. Deuxième choix décisif, celui de la sous-traitance appliquée à toutes les facettes du métier et dans le respect des règles du développement durable "Tout est fait dans un rayon de 300 km maximum". Achetés chez des petits producteurs de Paca et de Corse, les fruits et légumes frais arrivent dans un laboratoire de Haute Provence qui les transforme en huile, eau ou extrait de fruits. De là, ils sont acheminés vers la plateforme de logistique de Miramas chargée des expéditions dans toute la France. Le laboratoire de R&D, Probionat, est basé à La Fare-les-Oliviers.
Un positionnement original
Julie Ducret décide enfin de sortir le produit de ses codes de communication un peu ternes et souvent culpabilisants en y glissant un brin de folie pour créer du désir autour du produit et imaginer, dans la foulée, un circuit de distribution en cohérence avec ce positionnement. Ce n’est donc pas en pharmacie que l’on trouve les six produits (bientôt neuf) que compte actuellement la gamme, mais chez Nature & Découverte, Biocoop, Beauty Monop, Mademoiselle Bio... Afin de rendre la bio cosmétique plus accessible, aucun des produits ne devraient dépasser les 25 € en boutique.
Ces choix forts, tant en matière de production que de communication, ont séduit Total Développement Régional auquel l’entreprise avait été présentée par le CRITT Chimie "Total, qui a une grande expérience des PME, est le premier partenaire financier qui nous a fait confiance. Ce prêt de 30 K€ a déclenché toute la chaîne des autres prêts bancaires et prêts à taux zéro et l’on est monté à 110 K€ ", commente Julie Ducret, appréciant également les précieux conseils de Total. Bio Provence, qui a déjà vu deux de ses produits primés, s’est donné pour objectif d’innovation de créer trois produits par an.